Des jours et des lunes

 

Cela fait tant de nuits, cela fait tant de jours
Que, petit à petit, j’ouvre mes souvenirs.
Ils sont, tels des bijoux, rangés dans un vieux cuir
Brillant subtilement au creux de leur velours.

Il y a tout d’abord cette petite classe,
Qui sentait bon la craie et l’encre des cahiers
Et les livres précieux où j’aimais étudier
Découvrir l’univers, au fil du temps qui passe.

Puis il y a aussi ces textes à réciter
Ces heures d’exercices à la barre de danse
Et puis le pensionnat, et puis les pénitences
Quand il nous arrivait d’être trop dissipés.

Il y a les études et les premiers émois
Ce temps où nous étions encore en insouciance
Les rêves de baisers, volés au coin du bois
Par un prince charmant au cœur plein d’innocence.

Il y a le mariage, la belle robe blanche
Les amis tout autour qui nous comblent de vœux
Et le premier enfant, si petit dans ses langes
Les veillées près de lui, sitôt qu’il est fiévreux.

Et viennent en suivant les premières blessures
Les mots qui vous font mal et qui font chavirer
Ce rêve merveilleux d’un bonheur qui perdure
Vers l’affreux cauchemar du couple séparé.

Puis ce sont les parents qui partent à jamais,
Nous laissant orphelins et à notre tour guides
Sur un chemin abrupt où aucun parapet
Ne peut nous protéger de la peur et du vide.

Mais tout ces souvenirs, que j’égrène aujourd’hui
Sont bien doux à mon cœur, malgré quelque tristesse.
J’ai vécu des moments de bonheur et d’ivresse
Qui me laissent au cœur très douce nostalgie.

J’ai dans mes souvenirs de bien belles images
Moments d’éternité que je ne voyais pas
Mais que mon cœur de femme, au soleil de son âge
Sait reconnaître, enfin, comme cadeaux de choix.

© Marie Le Corre, 27 avril 2006

 

Poèmes, Tendresse

Des jours et des lunes

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Les morprions

 

Les morbacs, on le sait, s’accrochent à la peau
Pour les en déloger, de l’énergie il faut.
Ils s’incrustent et partout se croient comme chez eux
Ils vous bouffent la peau et infestent vos pieux.

Et s’il est à coup sûr des lieux de préférence
Réputés de plaisirs, tels les lieux de licence
Où l’on a grande chance de les voir s’installer
Internet est aussi un coin, par eux, prisé.

Pour venir s’installer et vous pourrir la vie
La toile, maintenant, pour nuire leur suffit
Ces poux sèment leurs lentes avec subtilité
Sans qu’aucun traitement ne puisse les tuer.

Comme les vrais morpions, avec soin, ils s’acharnent
Piquent et pondent leurs œufs dans l’intention de nuire
Mais viendra bien le jour où ces immondes carnes
N’ayant plus d’auditoire seront contraintes à fuir.

© Marie Le Corre, 11 février 2018

 

Humour

Les morpions

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Vent fripon

 

Son souffle, à peine un voile, a léché ma peau d’ambre
Comme une bouche douce, se posant, papillon
Et dans mes cheveux courts j’ai senti le frisson
D’une main me frôlant d’une caresse tendre.

Je me suis allongée et j’ai fermé les yeux
Afin de ne pas rompre le charme de l’instant
Et j’ai laissé mon corps abandonné heureux
Se plier à ces mains aux longs doigts caressants.

Mes vêtements légers ont soudain disparu
J’ai senti au travers de mes paupières closes
Le soleil fureter chaque coin de peau nue
Plus délicatement que pétale de rose.

Ma bouche doucement s’est ouverte au plaisir
Desséchée et avide courant vers un baiser
Que j’ai senti velours, à peine suggéré
Mais brûlant comme braise, attisant mon désir.

Pour ne pas briser net le charme de l’instant
J’ai réouvert les yeux avec timidité
Et me suis aperçue qu’en mon rêve éveillé
Les caresses reçues étaient celles du vent.

© Marie Le Corre, 1er septembre 2006

 

Poèmes

Vent fripon

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Mon chien mon ami

Django

 

Quarante ans de ma vie furent voués aux chats
Dont j’aimais la douceur et l’esprit liberté
Ils étaient mes amis, ils étaient la beauté
Vivre avec eux ce temps fut un bonheur pour moi.

Et puis je t’ai rêvé, petit chien noir et blanc
Avant même d’avoir choisi de t’accueillir
J’aimais te voir bondir, j’aimais te voir courir
Au milieu des alpages et des fougueux torrents.

Mon bonheur fut un jour de suivre des bergers
Dans une transhumance à travers les vallées
Ce jour-là j’ai su qu’à, l’automne de ma vie
Si j’adoptais un chien, ce serait toi l’ami.

Deux ans bientôt mon beau que tu es près de moi
Fidèle et généreux, débordant de tendresse
Chaque moment qui passe est un moment de joie
Tu éclates de vie, de feu et d’allégresse.

Quand mon coeur est un peu assombri de tristesse
Tu devines aussitôt que j’ai besoin d’amour
Tu viens poser ta tête avec délicatesse
Sur mes genoux, et là, mon coeur devient moins lourd.

Je t’aime pour tes courses à travers la campagne
Pour ta joie quand je dis on va se promener
Tu es beau quand tu grimpes avec moi les montagnes
Et quand tu te reposes en rentrant fatigué.

Je n’ai pas tous les mots pour te dire mon amour
Mais je sais que tu sais, ce que tu es pour moi
Merci ami fidèle pour ce que je te dois
Merci pour ta beauté, merci pour ton amour.

© Marie Le Corre, 27 décembre 2009

 

Hommages, Tendresse

Mon chien, mon ami

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Pasionaria


De tous temps il y eut, pour défendre des causes
De ces pasionaria, farouches obstinées
Mais depuis que la toile et ses media explosent
Elles ont envahi écrans, réseaux, foyers.

Et de tout elles se mêlent, en tout elles ont raison
Agrippées qu’elles sont à leurs petits egos
Pensent-elles que le temps retiendra les échos
De leurs combats, leurs cris et leurs conversations ?

Chez certaines d’entre elles, c’est une maladie
On se mêle de tout, on donne son avis
Et bien sûr tous les autres se trompent assurément
Elles sont dans le vrai, toujours, et maintenant.

En plus de s’accrocher, rageuses, à leurs idées
Elles en font des tonnes, ne savent pas doser
Jamais elles n’ont de doutes, elles sont LA vérité
Et se croient investies du droit de tout juger.

Bien pires que furies, jamais elles ne s’arrêtent
Ne se rendent pas compte qu’elles usent l’auditoire
Leur passe temps consiste à glaner des victoires
Mais pour se prouver quoi, quelle donc est leur quête?

Je dirai quant à moi que les pasionaria
Et tous les militants, tous les accros aux causes
Je m’en méfie autant que peste ou choléra
Et je préfère agir par de petites choses.

Pas besoin de crier sur les blogs et réseaux
A grand renfort de mots ce qui nous rend chagrins
Pour faire bouger le monde chacun peut dans son coin
Agir avec conscience pour un demain plus beau.

Nul besoin d’un clairon, ou de pages, ou de mots
Pour préserver le monde et le rendre meilleur.

© Marie Le Corre, 28 janvier 2018

 

Coups de gueule

Les pasionaria

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La paresse et la luxure

 

De la paresse on dit, mais est-ce bien justice
Qu’elle serait, vraiment, mère de tous les vices
Mais si je me bagarre contre la médisance
Pour la paresse j’ai, beaucoup plus d’indulgence.

Car qu’y a-t-il, enfin, de si répréhensible
Si l’on n’abuse pas, de se laisser aller
Aux langueurs du farniente en ôtant les fusibles
Et de savoir parfois, de tout, se reposer.

Qu’y a-t-il de méchant à bailler aux corneilles
A rester allongé le nez rivé au ciel
A rêver de vacances au lieu de travailler
La paresse me semble un bien bénin péché.

La luxure est un autre des péchés capitaux
Dont on nous met en garde, à grand renfort de mots
Il faudrait se marier pour faire des enfants
Mais surtout ne jamais prendre plaisir pendant.

De la luxure on a fait une immonde bête
Se gavant des plaisirs de la trop faible chair
Mais dans le creux d’un lit, en un doux tête à tête
Rien ne fait plus de bien que s’envoyer en l’air.

J’aime assez la luxure, elle me parait saine
Et tant qu’on fait l’amour il n’y a pas de haine
Aussi je ne saurais vous donner qu’un conseil
Usez de ce péché, c’est un péché véniel.

© Marie Le Corre, 20 mai 2007

 

Humour, Les pêchés capitaux ou pas, Poèmes

La paresse et la luxure

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La fourmi et le pissenlit

 

Une fourmi un jour
Epuisée, sans amour
Décida de filer
Dans les champs se planquer.

C’est dans un pissenlit
Qu’elle se glissa sans bruit
Pour pouvoir profiter
D’un repos mérité.

Car la jolie fourmi
Fatiguée du boulot
Et de sa colonie
Avait un gros bobo.

Une peine de cœur
Dont seule la jaune fleur
Pourrait la consoler
L’aider à oublier.

Oublier le travail
Oublier le sérail
Oublier de courir
Pour pouvoir se nourrir.

Aussi, bien installée
Elle se laissa aller
S’endormit doucement
Jusqu’au prochain printemps.

© Marie Le Corre, 17 juillet 2008 – Je dédie ce poème à  ANNIE

 

Nature, Poèmes

La fourmi et le pissenlit

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