Les Justes

 

Alors que tout un peuple subissait la folie
Les horreurs d’une guerre inhumaine et cruelle
Quelques hommes cachaient de la haine mortelle
Leurs frères étrangers au mépris de leur vie.

Combien d’horribles morts furent ainsi parées
Combien d’enfants ont pu ainsi être sauvés
Les guerres sont une honte, un déclin assuré
Même ceux qui les gagnent n’en sont pas glorifiés.

Celui qu’on nomme Juste et qui des risques a pris
Pour sauver ses semblables de la folie nazie
A de quoi être fier car il a bien compris
Que l’homme, d’où qu’il vienne, est tout semblable à lui.

Il faudrait que le monde compte un peu plus de Justes
Que toi qui dans la rue croise un frère de couleur
Ou une religion dont parfois tu as peur
Tu te places aux côtés de ceux qu’on tarabuste.

Qu’y a t’il de plus beau que de sauver un frère
Et de faire la paix au lieu de faire la guerre
Essaie d’imaginer ce que tu subirais
Si pour te reconnaître d’étoile on te paraît.

Aimerais-tu un jour voir à ta boutonnière
Fleurir l’étoile jaune qui marque de son fer
Le présumé coupable de je ne sais quel crime
Que l’on taxe d’un mal dont il est la victime.

Le monde, de ces Justes, n’est guère submergé
Malgré toutes les guerres, malgré le sang versé
Chaque fois que l’on peut on repart au combat
L’homme sage en ce monde, hélas, n’existe pas.

Alors tout doucement notre monde périt
Autant par sa bêtise, que sa grande folie
Je voudrais un sursaut un élan plein de foi
Semblable à celui de ces Justes d’autrefois.

© Marie Le Corre, 2 février 2007

 

Coups de gueule, Poèmes

Les Justes

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Les mains

 

Je suis depuis toujours fascinée par les mains
Je ne puis m’empêcher, en face de quelqu’un
D’y fixer mon regard pour voir ce qu’elles expriment
C’est la première chose que souvent j’examine.

Potelées chez l’enfant et encore innocentes
Elles n’ont que peu de plis, ne sont que maladresse
Elles tâtonnent et hésitent, puis s’accrochent prenantes
A la main de maman pour y chercher tendresse.

La main de l’écrivain qui, tenant son crayon
Pose sur une page tous les mots de son cœur
J’aime à la regarder et rêver à ces heures
Où il est resté là, cherchant l’inspiration.

Les mains des amoureux, ou bien les mains qui prient
Les mains au jour des noces, parées d’un anneau fin
Les mains des médecins, réparateurs de vies
Toutes ces mains me touchent, souvent au plus haut point.

Les mains de deux amants qui s’explorent assoiffées
Les mains qui sur la peau de l’autre sont velours
Les mains d’un concertiste sur le piano posées
J’aime toutes ces mains qui traduisent l’amour.

Les mains parcheminées par l’usure du temps
Les mains qui en ont vu, les mains de travailleur
Les mains de ce vieillard, déformées par les ans
J’en ai un grand respect, ce sont des mains bonheur.

Les mains parlent souvent, elles sont comme des livres,
On y lit les non dits, on y lit des espoirs
Qu’elles soient douces ou usées, qu’elles soient blanches ou noires
J’y vois l’amour,les peines ou bien la joie de vivre.

© Marie Le Corre, 28 janvier 2007

 

Poèmes, Tendresse

Les mains

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Les moutons

 

Sur ma route de vie, j’ai croisé bien souvent
Des gens dont j’ai aimé le chemin parcourir
Mais j’ai croisé aussi des gens très étonnants
Qui ne m’ont pas laissé un très bon souvenir.

Chacun a ses défauts, chacun a ses faiblesses
Ses qualités, ses dons et aussi ses richesses
Qui donc peut se prétendre être vraiment parfait
Si l’homme pur existe, je ne l’ai pas croisé.

Mais il y a des choses qui vraiment me hérissent
Dans les comportements que j’ai pu rencontrer
Je veux parler ici de ces chers altruistes
Qui détalent bien loin au moindre petit pet.

On suit le mouvement, on rejoint le troupeau
Pour ne pas avoir l’air d’être le pote qui
Reste malgré l’orage, le copain ou l’ami
De ceux que tous les autres ont jeté au ruisseau.

J’en ai vu bien des pleutres, des pétochards, des lâches
Qui au lieu d’une main tendue vers leurs amis
Ont préféré filer ou bien planter la hache
Qui viendra achever celui qu’on a banni.

A tous ces bien pensants qui a renfort de mots
Prônent l’humanité à coup de citations
Je dis si vous mettiez en pratique plutôt
Rien que pour un instant, vos conseils à la con.

Ces gens là ne sont pas de ceux que j’apprécie
Je n’aime le mouton que croisé en alpage
Ma porte leur est close, plus jamais de partage
Ces tristes sires, jamais, ne seront mes amis.

Je préfère en effet une haine affichée
A une fuite muette, à une désertion.
Je n’ai jamais lâché, laissant à l’abandon
Un ami que j’aimais pour suivre la cordée.

© Marie Le Corre, 11 janvier 2018

 

Le monde tel qu'il est, Poèmes

Les moutons

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Infinitude

Maroc, moyen Atlas

 

Le corps brinqueballé de l’avant à l’arrière
Mettant un peu à mal nos dos très fatigués
Nous avançons sans bruit dans le désert doré
Epuisés mais heureux, sur nos montures fières.

Traverser le désert, contempler l’infini
Il faut s’y préparer ce n’est pas du tout cuit
Mériter les bonheurs qu’il va nous procurer
Accepter la chaleur, la soif, et le danger.

Quand on sait tout cela on part le cœur léger
Bien loin encore, souvent, de vraiment mesurer
Ce qui va nous attendre durant la méharée
Le désert se mérite et il faut s’y plier.

L’eau nous est mesurée, les paroles aussi
Seul le regard a droit de faire quelque folie
Car dans l’immensité de ce sable doré
Notre seul luxe c’est, de pouvoir regarder.

Les couleurs les plus chaudes que l’on puisse espérer
Se mêlent tour à tour au ciel d’un bleu plombé
Les ocres suggérés, les rouges les plus fous
Prendront, au soir venu, des teintes d’acajou.

Les gorges seront sèches et les dos malmenés
Mais forts de notre marche en lente progression
Nous ferons une halte pour un frugal dîner
Et la nuit posera sur nous son édredon.

Le désert lave tout, le désert est la voie
Qui montre à l’homme sa toute petite place
Qu’il n’est qu’un grain de sable au milieu de l’espace
Il est humilité et maîtrise de soi.

Viens, prends-moi par la main, je t’emmène en ses sables
Je vais te raconter ce que je sais de lui
Mes mots te conduiront au bout de l’infini
Le désert ne saurait être à rien comparable.

© Marie Le Corre, 26 février 2007

 

Nature, Poèmes

Infinitude

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Vivre sans toi

 

Vivre sans toi est la blessure
Qui chaque jour me défigure
Tue mon cœur.

Sans ton grand rire et ta tendresse
Notre complicité, nos richesses
Je me meurs.

Je n’ai pas croisé sur ma route
Un autre avec qui je goûte
Le bonheur.

Tous ne sont que pâle copie
Sans ton humour et ta folie
Quelle horreur!

J’aimais entendre derrière la porte
Ta voix qui maintenant est morte
Plus un bruit.

Combien de fois ai-je voulu
Me blottir entre tes bras nus
Sans oser.

Combien de fois ai-je tenté
De te crier que je t’aimais
Sans parler.

Je donnerais tout ce que j’ai
Pour toutes ces années gommer
Oublier.

Que jamais tu ne reviendras
Pour me serrer tout contre toi
Temps passé.

Pour enfin effacer ma peine
T’entendre me dire que tu m’aimes
Partager.

Dans tes bras je voudrais poser
Ma pauvre tête fatiguée
Et pleurer.

Marie Le Corre, 29 mars 2007

 

Poèmes, Tendresse

Vivre sans toi

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Le chant de la beauté

 

Mon choix est de garder, au cœur, des illusions
Essayer de ne voir que le plus beau des choses
Me régaler de ce que la nature expose
De toutes ses merveilles et d’en faire provision.

Bien sûr autour de nous il y a la misère
Les combats et la mort que génèrent les guerres
Mais il y a aussi les fiers sommets dressés
Qui tendent vers le ciel leurs cimes enneigées.

Il y a l’océan qui rosit ou se dore
Dans des couchers bleutés ou rouge-sang mêlés
Les plages de galets ou de beau sable d’or
Les vagues alanguies mourant sur les rochers.

Il y a les oiseaux, les fleurs, les papillons
Le chant de la nature qui au matin s’éveille
Il y a les cascades dont les eaux font des bonds
Les vaches dans le pré, le vol doux des abeilles.

Il y a ce vieillard au pas de sa maison
Le clocher qui égrène les heures doucement
La brume qui s’élève juste au dessus des champs
Et la terre labourée creusée de gros sillons.

Il y a les enfants qui sortent de la classe
Mêlant leurs cris joyeux au doux souffle du vent
Il y a les grands arbres qui font de l’ombre quand
Le soleil vient baigner les tables des terrasses.

Il y a la pluie douce des matins de printemps
Les bourgeons qui éclatent en taches roses et blanches
Et la neige d’hiver posant son manteau blanc
Sur le toit des maisons qui soudain s’endimanchent.

Il y a dans la rue les amants qui échangent
Des regards de tendresse, marchant main dans la main
Il y a le silence au tout petit matin
Qui n’est troublé que par le joli chant des anges.

© Marie Le Corre, 22 février 2007

 

Nature, Poèmes

Le chant de la beauté

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La vache triste

 

Qu’est-ce que je fais ici, se dit-elle parfois ?
A quoi puis-je servir, qui a besoin de moi ?
Les journées passent vite au rythme des saisons
Et moi je reste là à brouter mon gazon.

De temps à autre aussi je regarde passer
Les voitures et les trains charmante distraction
Puis les corbeaux qui volent au-dessus des maisons
Mais Dieu que je m’ennuie à ne faire que brouter.

Quand c’est l’heure de la traite on me rentre à l’étable
Où je ne vois plus rien, sauf  un affreux mur lisse.
Parfois je suis flattée d’une claque amicale
Sur les fesses ou le dos, mais je suis au supplice.

Je déprime à tout va, je ne sais plus quoi faire,
Je voudrais moi aussi, rien qu’une fois par jour,
Qu’on me voit, qu’on m’écoute, je voudrais aussi plaire
Et être câlinée et entourée d’amour.

Mais je suis condamnée à traîner dans les champs,
Et à brouter cette herbe à longueur de journée,
Parfois un peu d’alpage me change de contrée
Mais je reste quand même un pauvre ruminant.

Ah comme je voudrais que l’on joue avec moi,
Et qu’on brosse mon poil et qu’on lustre mon cuir
Qu’on ait pour les bovins le respect que l’on doit
A toute créature qui vit et qui respire.

Voilà j’ai exprimé le fond de ma tristesse,
Et j’espère maintenant qu’au détour des chemins
Quand vous me croiserez, moi la vache en détresse
Vous aurez pour nous toutes un regard plus humain.

© Marie Le Corre, 31 mars 2006

 

Nature, Poèmes

La vache triste

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