Un bijou dans tes yeux

 

Quand tu me regardais à travers tes paupières
A demi-closes par un début de sommeil
Je me sentais la reine d’un pays de lumière
J’étais une autre Alice au pays des merveilles.

Je me sentais bijou, je me sentais parure
Et lorsque de tes doigts tu effleurais ma peau
J’étais entre tes mains un fragile joyau
Un violon qu’on caresse dans un souffle murmure.

Je me sentais déesse, je me sentais aimée
Et le ciel sur ma tête aurait bien pu tomber
Je me noyais dans l’or et l’ambre de tes yeux
Ils étaient mon écrin, mon bien le plus précieux.

Quand les tempêtes folles de nos corps embrasés
Nous menaient à des îles, de désir embaumées
Je me sentais portée vers l’Olympe des Dieux
J’aimais lorsque j’étais un bijou dans tes yeux.

© Marie Le Corre, 6 janvier 2007

 

Poèmes, Tendresse

Un bijou dans tes yeux

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Le joli coquillage

 

Un joli coquillage, sur le sable oublié
Trouvait le temps bien long, tout seul abandonné
Pas une âme qui vive ne se penchait sur lui
Pour admirer ses courbes, lui dire un mot gentil.

Alors triste il laissa monter ses souvenirs
Ceux du temps où aux vagues il laissait le loisir
De l’emporter au loin vers de jolis rivages
Pour lui faire découvrir des horizons sauvages.

Il se souvint des plages au sable si soyeux
Qu’on eut dit de la soie, où il avait aimé
Se poser pour un somme ou se laisser dorer
Au gré de ses humeurs ou des flots capricieux.

Il se souvint des plages au sable plus grisé
Des varechs aux cheveux gluants entremêlés
Des plages de galets aux odeurs de grand large
Où il échouait parfois au fil de ses voyages.

Ils se souvint des mains qui l’avaient caressé
Du temps ou ses couleurs attiraient le regard
Quand sa nacre au soleil doucement scintillait
Ou devenait rosée à la tombée du soir.

Il se souvint des voix qu’il avait entendues
Des rires clairs des enfants qui jouaient sur les dunes
Des amoureux transis venus là à la lune
Se faire mille promesses bien rarement tenues.

Il se souvint du sable se glissant dans sa chair
De la houle et du vent qui l’avaient emporté
Et de tous ses voyages dans le sein de la mer
Ce sein au cœur duquel il était protégé.

Il se souvint aussi du cri strident des mouettes
Des cornes des bateaux quand ils rentraient au port
Et doucement posa sur le sable sa tête
Se laissant engourdir en attendant la mort.

© Marie Le Corre, 28 juillet 2006

 

Nature, Poèmes

Le joli coquillage

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Les Justes

 

Alors que tout un peuple subissait la folie
Les horreurs d’une guerre inhumaine et cruelle
Quelques hommes cachaient de la haine mortelle
Leurs frères étrangers au mépris de leur vie.

Combien d’horribles morts furent ainsi parées
Combien d’enfants ont pu ainsi être sauvés
Les guerres sont une honte, un déclin assuré
Même ceux qui les gagnent n’en sont pas glorifiés.

Celui qu’on nomme Juste et qui des risques a pris
Pour sauver ses semblables de la folie nazie
A de quoi être fier car il a bien compris
Que l’homme, d’où qu’il vienne, est tout semblable à lui.

Il faudrait que le monde compte un peu plus de Justes
Que toi qui dans la rue croise un frère de couleur
Ou une religion dont parfois tu as peur
Tu te places aux côtés de ceux qu’on tarabuste.

Qu’y a t’il de plus beau que de sauver un frère
Et de faire la paix au lieu de faire la guerre
Essaie d’imaginer ce que tu subirais
Si pour te reconnaître d’étoile on te paraît.

Aimerais-tu un jour voir à ta boutonnière
Fleurir l’étoile jaune qui marque de son fer
Le présumé coupable de je ne sais quel crime
Que l’on taxe d’un mal dont il est la victime.

Le monde, de ces Justes, n’est guère submergé
Malgré toutes les guerres, malgré le sang versé
Chaque fois que l’on peut on repart au combat
L’homme sage en ce monde, hélas, n’existe pas.

Alors tout doucement notre monde périt
Autant par sa bêtise, que sa grande folie
Je voudrais un sursaut un élan plein de foi
Semblable à celui de ces Justes d’autrefois.

© Marie Le Corre, 2 février 2007

 

Coups de gueule, Poèmes

Les Justes

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Les mains

 

Je suis depuis toujours fascinée par les mains
Je ne puis m’empêcher, en face de quelqu’un
D’y fixer mon regard pour voir ce qu’elles expriment
C’est la première chose que souvent j’examine.

Potelées chez l’enfant et encore innocentes
Elles n’ont que peu de plis, ne sont que maladresse
Elles tâtonnent et hésitent, puis s’accrochent prenantes
A la main de maman pour y chercher tendresse.

La main de l’écrivain qui, tenant son crayon
Pose sur une page tous les mots de son cœur
J’aime à la regarder et rêver à ces heures
Où il est resté là, cherchant l’inspiration.

Les mains des amoureux, ou bien les mains qui prient
Les mains au jour des noces, parées d’un anneau fin
Les mains des médecins, réparateurs de vies
Toutes ces mains me touchent, souvent au plus haut point.

Les mains de deux amants qui s’explorent assoiffées
Les mains qui sur la peau de l’autre sont velours
Les mains d’un concertiste sur le piano posées
J’aime toutes ces mains qui traduisent l’amour.

Les mains parcheminées par l’usure du temps
Les mains qui en ont vu, les mains de travailleur
Les mains de ce vieillard, déformées par les ans
J’en ai un grand respect, ce sont des mains bonheur.

Les mains parlent souvent, elles sont comme des livres,
On y lit les non dits, on y lit des espoirs
Qu’elles soient douces ou usées, qu’elles soient blanches ou noires
J’y vois l’amour,les peines ou bien la joie de vivre.

© Marie Le Corre, 28 janvier 2007

 

Poèmes, Tendresse

Les mains

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Les moutons

 

Sur ma route de vie, j’ai croisé bien souvent
Des gens dont j’ai aimé le chemin parcourir
Mais j’ai croisé aussi des gens très étonnants
Qui ne m’ont pas laissé un très bon souvenir.

Chacun a ses défauts, chacun a ses faiblesses
Ses qualités, ses dons et aussi ses richesses
Qui donc peut se prétendre être vraiment parfait
Si l’homme pur existe, je ne l’ai pas croisé.

Mais il y a des choses qui vraiment me hérissent
Dans les comportements que j’ai pu rencontrer
Je veux parler ici de ces chers altruistes
Qui détalent bien loin au moindre petit pet.

On suit le mouvement, on rejoint le troupeau
Pour ne pas avoir l’air d’être le pote qui
Reste malgré l’orage, le copain ou l’ami
De ceux que tous les autres ont jeté au ruisseau.

J’en ai vu bien des pleutres, des pétochards, des lâches
Qui au lieu d’une main tendue vers leurs amis
Ont préféré filer ou bien planter la hache
Qui viendra achever celui qu’on a banni.

A tous ces bien pensants qui a renfort de mots
Prônent l’humanité à coup de citations
Je dis si vous mettiez en pratique plutôt
Rien que pour un instant, vos conseils à la con.

Ces gens là ne sont pas de ceux que j’apprécie
Je n’aime le mouton que croisé en alpage
Ma porte leur est close, plus jamais de partage
Ces tristes sires, jamais, ne seront mes amis.

Je préfère en effet une haine affichée
A une fuite muette, à une désertion.
Je n’ai jamais lâché, laissant à l’abandon
Un ami que j’aimais pour suivre la cordée.

© Marie Le Corre, 11 janvier 2018

 

Le monde tel qu'il est, Poèmes

Les moutons

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Infinitude

Maroc, moyen Atlas

 

Le corps brinqueballé de l’avant à l’arrière
Mettant un peu à mal nos dos très fatigués
Nous avançons sans bruit dans le désert doré
Epuisés mais heureux, sur nos montures fières.

Traverser le désert, contempler l’infini
Il faut s’y préparer ce n’est pas du tout cuit
Mériter les bonheurs qu’il va nous procurer
Accepter la chaleur, la soif, et le danger.

Quand on sait tout cela on part le cœur léger
Bien loin encore, souvent, de vraiment mesurer
Ce qui va nous attendre durant la méharée
Le désert se mérite et il faut s’y plier.

L’eau nous est mesurée, les paroles aussi
Seul le regard a droit de faire quelque folie
Car dans l’immensité de ce sable doré
Notre seul luxe c’est, de pouvoir regarder.

Les couleurs les plus chaudes que l’on puisse espérer
Se mêlent tour à tour au ciel d’un bleu plombé
Les ocres suggérés, les rouges les plus fous
Prendront, au soir venu, des teintes d’acajou.

Les gorges seront sèches et les dos malmenés
Mais forts de notre marche en lente progression
Nous ferons une halte pour un frugal dîner
Et la nuit posera sur nous son édredon.

Le désert lave tout, le désert est la voie
Qui montre à l’homme sa toute petite place
Qu’il n’est qu’un grain de sable au milieu de l’espace
Il est humilité et maîtrise de soi.

Viens, prends-moi par la main, je t’emmène en ses sables
Je vais te raconter ce que je sais de lui
Mes mots te conduiront au bout de l’infini
Le désert ne saurait être à rien comparable.

© Marie Le Corre, 26 février 2007

 

Nature, Poèmes

Infinitude

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Vivre sans toi

 

Vivre sans toi est la blessure
Qui chaque jour me défigure
Tue mon cœur.

Sans ton grand rire et ta tendresse
Notre complicité, nos richesses
Je me meurs.

Je n’ai pas croisé sur ma route
Un autre avec qui je goûte
Le bonheur.

Tous ne sont que pâle copie
Sans ton humour et ta folie
Quelle horreur!

J’aimais entendre derrière la porte
Ta voix qui maintenant est morte
Plus un bruit.

Combien de fois ai-je voulu
Me blottir entre tes bras nus
Sans oser.

Combien de fois ai-je tenté
De te crier que je t’aimais
Sans parler.

Je donnerais tout ce que j’ai
Pour toutes ces années gommer
Oublier.

Que jamais tu ne reviendras
Pour me serrer tout contre toi
Temps passé.

Pour enfin effacer ma peine
T’entendre me dire que tu m’aimes
Partager.

Dans tes bras je voudrais poser
Ma pauvre tête fatiguée
Et pleurer.

Marie Le Corre, 29 mars 2007

 

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Vivre sans toi

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