Je ne suis pas un robot

 

Fleurissent sur les blogs, au long des commentaires
Comme des leitmotiv, de bien étranges mots
N’avez-vous jamais eu quelque mal à vous faire
A devoir valider « Je n’suis pas un robot ».

Moi ça me fait sourire car ne sommes nous pas
Déjà sur le chemin de robotisation
Chaque jour, sans penser, des gestes répétons
Comme petits soldats entraînés au combat.

Je pense à tous ces gens qui petit à petit
Vont perdre leur emploi et vont finir aigris
Pour avoir un matin été remerciés
Place au gentil robot qu’on n’a pas à payer.

Je pense au jour venu où l’homme ne sera
Plus capable de faire vivre son entourage
Plus de boulot, plus rien, et comment vivre ça
Il ne lui restera, pour tenir, que sa rage.

Rage d’avoir perdu son travail, ses amis
Rage d’être isolé, de ne servir à rien
Même plus un seul rêve pour fleurir son chemin
Même plus d’envie de s’accrocher à la vie.

© Marie Le Corre, 15 février 2018

 

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Je ne suis pas un robot

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Pasionaria


De tous temps il y eut, pour défendre des causes
De ces pasionaria, farouches obstinées
Mais depuis que la toile et ses media explosent
Elles ont envahi écrans, réseaux, foyers.

Et de tout elles se mêlent, en tout elles ont raison
Agrippées qu’elles sont à leurs petits egos
Pensent-elles que le temps retiendra les échos
De leurs combats, leurs cris et leurs conversations ?

Chez certaines d’entre elles, c’est une maladie
On se mêle de tout, on donne son avis
Et bien sûr tous les autres se trompent assurément
Elles sont dans le vrai, toujours, et maintenant.

En plus de s’accrocher, rageuses, à leurs idées
Elles en font des tonnes, ne savent pas doser
Jamais elles n’ont de doutes, elles sont LA vérité
Et se croient investies du droit de tout juger.

Bien pires que furies, jamais elles ne s’arrêtent
Ne se rendent pas compte qu’elles usent l’auditoire
Leur passe temps consiste à glaner des victoires
Mais pour se prouver quoi, quelle donc est leur quête?

Je dirai quant à moi que les pasionaria
Et tous les militants, tous les accros aux causes
Je m’en méfie autant que peste ou choléra
Et je préfère agir par de petites choses.

Pas besoin de crier sur les blogs et réseaux
A grand renfort de mots ce qui nous rend chagrins
Pour faire bouger le monde chacun peut dans son coin
Agir avec conscience pour un demain plus beau.

Nul besoin d’un clairon, ou de pages, ou de mots
Pour préserver le monde et le rendre meilleur.

© Marie Le Corre, 28 janvier 2018

 

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Les pasionaria

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Afrique

 

Que tu es belle, Afrique, que ta terre est variée,
Ton ciel n’est comparable à aucun autre au monde.
La couleur de tes hommes, elle-même profonde
Et quand on t’a connue, on ne peut t’oublier.

Tu n’as pas de pétrole mais on a des idées,
Et comme tu n’as rien, on va t’abandonner.
Tu vas mourir bientôt car ta chair et ton sang,
N’intéressent aucun de nos gouvernements.

Qu’est donc devenu l’homme pour qu’un pays entier,
Au bord de l’agonie, on le laisse crever ?
Le pouvoir et l’argent, ces dieux omniprésents,
Ont durci les cœurs et les rendent indifférents.

Que vont donc devenir tes femmes et tes enfants?
Et tes hommes au cœur fier, ta faune et tes oiseaux?
Va t’on laisser mourir un si beau continent
Sans tout à coup comprendre et avoir un sursaut ,

Sursaut d’humanité, sursaut d’admiration,
Ou simple merci pour ceux qui nous ont aidés.
Car tout au long des guerres qui nous ont décimés,
L’Afrique a été là, et ce sans condition.

Ce peuple a tant souffert déjà dans son passé,
D’avoir subi les chaînes et d’en être outragé,
D’avoir été esclave de tant de préjugés,
Qu’il ne s’en est remis que pour ne pas crever.

La couleur de la peau a t-elle tant d’importance,
Que seuls les blancs ont droit à la reconnaissance?
Peut-on me dire enfin pourquoi un noir serait,
Très différent d’un blanc, d’un jaune ou sang mêlé?

Africain tu es beau et j’aime ta couleur,
Elle est chaude et profonde et ta peau de velours,
La pauvre peau d’un blanc ne vaut pas le détour,
S’il ne sait plus aimer et entrouvrir son cœur.

© Marie Le Corre, 31 mars 2005

 

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Les Justes

 

Alors que tout un peuple subissait la folie
Les horreurs d’une guerre inhumaine et cruelle
Quelques hommes cachaient de la haine mortelle
Leurs frères étrangers au mépris de leur vie.

Combien d’horribles morts furent ainsi parées
Combien d’enfants ont pu ainsi être sauvés
Les guerres sont une honte, un déclin assuré
Même ceux qui les gagnent n’en sont pas glorifiés.

Celui qu’on nomme Juste et qui des risques a pris
Pour sauver ses semblables de la folie nazie
A de quoi être fier car il a bien compris
Que l’homme, d’où qu’il vienne, est tout semblable à lui.

Il faudrait que le monde compte un peu plus de Justes
Que toi qui dans la rue croise un frère de couleur
Ou une religion dont parfois tu as peur
Tu te places aux côtés de ceux qu’on tarabuste.

Qu’y a t’il de plus beau que de sauver un frère
Et de faire la paix au lieu de faire la guerre
Essaie d’imaginer ce que tu subirais
Si pour te reconnaître d’étoile on te paraît.

Aimerais-tu un jour voir à ta boutonnière
Fleurir l’étoile jaune qui marque de son fer
Le présumé coupable de je ne sais quel crime
Que l’on taxe d’un mal dont il est la victime.

Le monde, de ces Justes, n’est guère submergé
Malgré toutes les guerres, malgré le sang versé
Chaque fois que l’on peut on repart au combat
L’homme sage en ce monde, hélas, n’existe pas.

Alors tout doucement notre monde périt
Autant par sa bêtise, que sa grande folie
Je voudrais un sursaut un élan plein de foi
Semblable à celui de ces Justes d’autrefois.

© Marie Le Corre, 2 février 2007

 

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