Rêver

 

Elle est là, assise sur la plage, les deux pieds profondément ancrés dans le sable encore humide du ressac des vagues et dans la fraîcheur du matin.  Le jour est levé depuis déjà une heure mais elle est seule, pas un promeneur alentour, pas âme qui vive, aucun bruit si ce n’est, parfois, le vol de quelques mouettes et le cri d’un goéland au loin.
Elle savoure ce délicieux moment de solitude face à la mer, à l’infini, à cet horizon plat et bleu qui se confond presque avec le ciel.
Emmitouflée dans un gros pull de laine, elle est bien. Elle adore ces débuts d’automne, quand l’été n’est pas encore tout à fait envolé. Les couleurs sont alors magnifiques, tant sur la mer que dans le ciel qui prend alors un ton bleu très particulier, mélange de topaze et de turquoise.
Et son esprit s’envole vers le passé, elle se souvient…
Autrefois, elle venait souvent sur cette plage où elle marchait longuement les pieds nus dans l’eau, juste au bord, main dans la main avec l’homme qu’elle aimait. Comme ils étaient heureux ! comme tout était parfait en ces temps-là ! Ils étaient amoureux, ils se devinaient, ils étaient chacun la moitié de l’autre.
Puis il y avait eu les orages, les mauvais vents, les vents contraire et ils avaient été emportés loin l’un de l’autre, chacun de son côté. Elle en rêvait souvent la nuit.
Et aujourd’hui, en regardant la mer, elle imaginait le temps aboli, les crises envolées, les pardons accordés et lui qui là, à quelques mètres, s’avançait vers elle pour la prendre dans ses bras et la serrer à l’étouffer, comme autrefois.
Mais devant elle il n’y avait que la mer, merveilleusement belle, merveilleusement présente, comme un cadeau qui lui rappelait le bonheur. La mer avait toujours su la consoler.

© Marie Le Corre, 15 octobre 2006

 

Ma Bretagne, Mots libres

Rêver…

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Photo prise près de la chapelle Saint-Samson, Landunvez, Finistère. En arrière-plan le phare du Four.

 

Les jolis murs de pierre qui bordent ses chemins
Et ses vieilles maisons au granit érodé
Ses hortensias si bleus sous le ciel pommelé
C’est cela qui me manque et rend mon coeur chagrin.

Parfois, fermant les yeux, je peux l’imaginer
Mais mon cœur alors saigne d’en être séparé
Il n’y a rien au monde qui soit pour moi plus beau
Que ce pays breton qui reste mon berceau.

J’aime toutes les mers et tous les océans
Mais aucune n’aura jamais de charme autant
Que mon Iroise fière aux fougueuses tempêtes
Qui font danser les mâts sur les vagues et leurs crêtes.

J’aime à poser mes mains sur son sable irisé
Respirer ses varechs, humer aussi le vent
Caresser le granit d’un calvaire érigé
Lançant sa croix au ciel comme bras d’un géant.

J’aime à venir m’asseoir à la pointe du Van
Flâner sur les sentiers tout autour de Penhir
Admirer ces grands phares qui ont défié le temps
La Bretagne me manque et je vais en mourir.

Mourir d’être trop loin de ma terre chérie
De ne pouvoir ouvrir mes yeux chaque matin
Sur toutes les beautés de l’Iroise en furie
Il n’est qu’elle qui peut apaiser mon chagrin.

© Marie Le Corre, 15 avril 2017

 

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