Je ne suis pas un robot

 

Fleurissent sur les blogs, au long des commentaires
Comme des leitmotiv, de bien étranges mots
N’avez-vous jamais eu quelque mal à vous faire
A devoir valider « Je n’suis pas un robot ».

Moi ça me fait sourire car ne sommes nous pas
Déjà sur le chemin de robotisation
Chaque jour, sans penser, des gestes répétons
Comme petits soldats entraînés au combat.

Je pense à tous ces gens qui petit à petit
Vont perdre leur emploi et vont finir aigris
Pour avoir un matin été remerciés
Place au gentil robot qu’on n’a pas à payer.

Je pense au jour venu où l’homme ne sera
Plus capable de faire vivre son entourage
Plus de boulot, plus rien, et comment vivre ça
Il ne lui restera, pour tenir, que sa rage.

Rage d’avoir perdu son travail, ses amis
Rage d’être isolé, de ne servir à rien
Même plus un seul rêve pour fleurir son chemin
Même plus d’envie de s’accrocher à la vie.

© Marie Le Corre, 15 février 2018

 

Coups de gueule, Poèmes

Je ne suis pas un robot

Galerie

Des jours et des lunes

 

Cela fait tant de nuits, cela fait tant de jours
Que, petit à petit, j’ouvre mes souvenirs.
Ils sont, tels des bijoux, rangés dans un vieux cuir
Brillant subtilement au creux de leur velours.

Il y a tout d’abord cette petite classe,
Qui sentait bon la craie et l’encre des cahiers
Et les livres précieux où j’aimais étudier
Découvrir l’univers, au fil du temps qui passe.

Puis il y a aussi ces textes à réciter
Ces heures d’exercices à la barre de danse
Et puis le pensionnat, et puis les pénitences
Quand il nous arrivait d’être trop dissipés.

Il y a les études et les premiers émois
Ce temps où nous étions encore en insouciance
Les rêves de baisers, volés au coin du bois
Par un prince charmant au cœur plein d’innocence.

Il y a le mariage, la belle robe blanche
Les amis tout autour qui nous comblent de vœux
Et le premier enfant, si petit dans ses langes
Les veillées près de lui, sitôt qu’il est fiévreux.

Et viennent en suivant les premières blessures
Les mots qui vous font mal et qui font chavirer
Ce rêve merveilleux d’un bonheur qui perdure
Vers l’affreux cauchemar du couple séparé.

Puis ce sont les parents qui partent à jamais,
Nous laissant orphelins et à notre tour guides
Sur un chemin abrupt où aucun parapet
Ne peut nous protéger de la peur et du vide.

Mais tout ces souvenirs, que j’égrène aujourd’hui
Sont bien doux à mon cœur, malgré quelque tristesse.
J’ai vécu des moments de bonheur et d’ivresse
Qui me laissent au cœur très douce nostalgie.

J’ai dans mes souvenirs de bien belles images
Moments d’éternité que je ne voyais pas
Mais que mon cœur de femme, au soleil de son âge
Sait reconnaître, enfin, comme cadeaux de choix.

© Marie Le Corre, 27 avril 2006

 

Tendresse, Poèmes

Des jours et des lunes

Galerie

Vent fripon

 

Son souffle, à peine un voile, a léché ma peau d’ambre
Comme une bouche douce, se posant, papillon
Et dans mes cheveux courts j’ai senti le frisson
D’une main me frôlant d’une caresse tendre.

Je me suis allongée et j’ai fermé les yeux
Afin de ne pas rompre le charme de l’instant
Et j’ai laissé mon corps abandonné heureux
Se plier à ces mains aux longs doigts caressants.

Mes vêtements légers ont soudain disparu
J’ai senti au travers de mes paupières closes
Le soleil fureter chaque coin de peau nue
Plus délicatement que pétale de rose.

Ma bouche doucement s’est ouverte au plaisir
Desséchée et avide courant vers un baiser
Que j’ai senti velours, à peine suggéré
Mais brûlant comme braise, attisant mon désir.

Pour ne pas briser net le charme de l’instant
J’ai réouvert les yeux avec timidité
Et me suis aperçue qu’en mon rêve éveillé
Les caresses reçues étaient celles du vent.

© Marie Le Corre, 1er septembre 2006

 

Poèmes

Vent fripon

Galerie

La paresse et la luxure

 

De la paresse on dit, mais est-ce bien justice
Qu’elle serait, vraiment, mère de tous les vices
Mais si je me bagarre contre la médisance
Pour la paresse j’ai, beaucoup plus d’indulgence.

Car qu’y a-t-il, enfin, de si répréhensible
Si l’on n’abuse pas, de se laisser aller
Aux langueurs du farniente en ôtant les fusibles
Et de savoir parfois, de tout, se reposer.

Qu’y a-t-il de méchant à bailler aux corneilles
A rester allongé le nez rivé au ciel
A rêver de vacances au lieu de travailler
La paresse me semble un bien bénin péché.

La luxure est un autre des péchés capitaux
Dont on nous met en garde, à grand renfort de mots
Il faudrait se marier pour faire des enfants
Mais surtout ne jamais prendre plaisir pendant.

De la luxure on a fait une immonde bête
Se gavant des plaisirs de la trop faible chair
Mais dans le creux d’un lit, en un doux tête à tête
Rien ne fait plus de bien que s’envoyer en l’air.

J’aime assez la luxure, elle me parait saine
Et tant qu’on fait l’amour il n’y a pas de haine
Aussi je ne saurais vous donner qu’un conseil
Usez de ce péché, c’est un péché véniel.

© Marie Le Corre, 20 mai 2007

 

Humour, Les pêchés capitaux ou pas, Poèmes

La paresse et la luxure

Galerie

La fourmi et le pissenlit

 

Une fourmi un jour
Epuisée, sans amour
Décida de filer
Dans les champs se planquer.

C’est dans un pissenlit
Qu’elle se glissa sans bruit
Pour pouvoir profiter
D’un repos mérité.

Car la jolie fourmi
Fatiguée du boulot
Et de sa colonie
Avait un gros bobo.

Une peine de cœur
Dont seule la jaune fleur
Pourrait la consoler
L’aider à oublier.

Oublier le travail
Oublier le sérail
Oublier de courir
Pour pouvoir se nourrir.

Aussi, bien installée
Elle se laissa aller
S’endormit doucement
Jusqu’au prochain printemps.

© Marie Le Corre, 17 juillet 2008 – Je dédie ce poème à  ANNIE

 

Nature, Poèmes

La fourmi et le pissenlit

Galerie

Vous avez sans doute reçu deux newsletters aujourd’hui dont une n’est plus d’actualité car j’avais programmé deux billets pour le 2 février. Mille excuses.

 

Les feuilles

 

Au soleil du matin, qui doucement s’avance
Elle se laisse bercer par le souffle du vent
Ses nervures fragiles forment en transparence
Comme autant de chemins sur les lignes du temps.

J’aime son vert profond ou parfois bien plus tendre
Ses fines dentelures, ses courbes ou ses méplats
Ses arrondis, ses pointes, ou ses jolis méandres
Et ne me lasse pas d’en admirer l’éclat.

Rattachée à sa tige, ou bien posée à terre
Elle est force sauvage ou bien fragilité
La feuille de l’automne qui de l’arbre est tombée
M’émeut plus que tout autre, en sa vie éphémère.

La feuille de printemps, dans ses verts délicats
Réveille la nature jusqu’alors endormie
Et celle de l’été protège d’un grand toit
Les longues heures chaudes des siestes alanguies.

La feuille de l’hiver sur le sol oubliée
Petit à petit meurt, sous nos pieds écrasée
Elle a vécu sa vie, jamais ne renaîtra
Le soleil froid lui donne un tout dernier éclat.

© Marie Le Corre, 11 juillet 2016

 

Nature, Poèmes

Les feuilles

Galerie

La médisance et l'envie

 

Elle sème le trouble, elle est souvent ténue
Blesse plus qu’elle ne sert, ne fait jamais silence
Je n’aime pas son air déguisé et faux cul
Un des pires péchés a pour nom médisance.

Je n’aime pas non plus quand en catimini
S’avance à petit pas sa complice l’envie
Jalouser son voisin ne donnera jamais
Du talent à celui qui n’en a pas un pet.

Beaucoup de guerres commencent avec ces deux mots-là
Médire est dangereux et fait de gros dégâts
Avant de colporter des rumeurs infondées
Mieux vaut de son derrière s’occuper en premier.

© Marie Le Corre, 19 mai 2007

 

Les pêchés capitaux ou pas, Poèmes

La médisance et l’envie

Galerie