La fourmi et le pissenlit

 

Une fourmi un jour
Epuisée, sans amour
Décida de filer
Dans les champs se planquer.

C’est dans un pissenlit
Qu’elle se glissa sans bruit
Pour pouvoir profiter
D’un repos mérité.

Car la jolie fourmi
Fatiguée du boulot
Et de sa colonie
Avait un gros bobo.

Une peine de cœur
Dont seule la jaune fleur
Pourrait la consoler
L’aider à oublier.

Oublier le travail
Oublier le sérail
Oublier de courir
Pour pouvoir se nourrir.

Aussi, bien installée
Elle se laissa aller
S’endormit doucement
Jusqu’au prochain printemps.

© Marie Le Corre, 17 juillet 2008 – Je dédie ce poème à  ANNIE

 

Nature, Poèmes

La fourmi et le pissenlit

Galerie

Vous avez sans doute reçu deux newsletters aujourd’hui dont une n’est plus d’actualité car j’avais programmé deux billets pour le 2 février. Mille excuses.

 

Les feuilles

 

Au soleil du matin, qui doucement s’avance
Elle se laisse bercer par le souffle du vent
Ses nervures fragiles forment en transparence
Comme autant de chemins sur les lignes du temps.

J’aime son vert profond ou parfois bien plus tendre
Ses fines dentelures, ses courbes ou ses méplats
Ses arrondis, ses pointes, ou ses jolis méandres
Et ne me lasse pas d’en admirer l’éclat.

Rattachée à sa tige, ou bien posée à terre
Elle est force sauvage ou bien fragilité
La feuille de l’automne qui de l’arbre est tombée
M’émeut plus que tout autre, en sa vie éphémère.

La feuille de printemps, dans ses verts délicats
Réveille la nature jusqu’alors endormie
Et celle de l’été protège d’un grand toit
Les longues heures chaudes des siestes alanguies.

La feuille de l’hiver sur le sol oubliée
Petit à petit meurt, sous nos pieds écrasée
Elle a vécu sa vie, jamais ne renaîtra
Le soleil froid lui donne un tout dernier éclat.

© Marie Le Corre, 11 juillet 2016

 

Nature, Poèmes

Les feuilles

Galerie

Infinitude

Maroc, moyen Atlas

 

Le corps brinqueballé de l’avant à l’arrière
Mettant un peu à mal nos dos très fatigués
Nous avançons sans bruit dans le désert doré
Epuisés mais heureux, sur nos montures fières.

Traverser le désert, contempler l’infini
Il faut s’y préparer ce n’est pas du tout cuit
Mériter les bonheurs qu’il va nous procurer
Accepter la chaleur, la soif, et le danger.

Quand on sait tout cela on part le cœur léger
Bien loin encore, souvent, de vraiment mesurer
Ce qui va nous attendre durant la méharée
Le désert se mérite et il faut s’y plier.

L’eau nous est mesurée, les paroles aussi
Seul le regard a droit de faire quelque folie
Car dans l’immensité de ce sable doré
Notre seul luxe c’est, de pouvoir regarder.

Les couleurs les plus chaudes que l’on puisse espérer
Se mêlent tour à tour au ciel d’un bleu plombé
Les ocres suggérés, les rouges les plus fous
Prendront, au soir venu, des teintes d’acajou.

Les gorges seront sèches et les dos malmenés
Mais forts de notre marche en lente progression
Nous ferons une halte pour un frugal dîner
Et la nuit posera sur nous son édredon.

Le désert lave tout, le désert est la voie
Qui montre à l’homme sa toute petite place
Qu’il n’est qu’un grain de sable au milieu de l’espace
Il est humilité et maîtrise de soi.

Viens, prends-moi par la main, je t’emmène en ses sables
Je vais te raconter ce que je sais de lui
Mes mots te conduiront au bout de l’infini
Le désert ne saurait être à rien comparable.

© Marie Le Corre, 26 février 2007

 

Nature, Poèmes

Infinitude

Galerie

Les jolies aurores P1070231

 

Il y a des aurores si claires si limpides
Qu’on dirait un tableau qu’un artiste inspiré
Aurait peint en cadeau au monde déchiré
Pour lui dire à quel point notre terre est splendide.

Des bleutés et des mauves entremêlés de roses
Effleurent les sommets de leurs doigts caressants
Et délicatement sur la nature se posent
La recouvrant soudain d’un voile évanescent.

Au loin quelques oiseaux commencent à chanter
Tout doucement d’abord par touches délicates
La nature s’éveille dans un froufrou léger
Comme au printemps venu les gros bourgeons éclatent.

On n’ose pas parler pour prendre la mesure
De cet enchantement qui ne va pas durer
On reste suspendu au vol de la nature
Pour goûter ce moment de pure éternité.

Au loin sur la montagne un léger voile brume
Pare de sa beauté tel un enchantement
Les sommets que domine en maîtresse la lune
Qui à tous petits pas va s’enfuir doucement.

© Marie Le Corre, 31 mars 2006

 

Nature

Les jolies aurores

Galerie